Catégorie : Jardiner au naturel

NOURRIR LA TERRE PLUTÔT QUE LES PLANTES

254Sous terre vivent des millions d’organismes vivants. Bactéries, algues, champignons y fourmillent, sans compter les minuscules nématodes ou les lombrics. Ainsi, on peut dénombrer pas moins de 500 millions d’individus dans 1 m3 de terrain !
Malheureusement, on constate à l’heure actuelle un phénomène généralisé en France : en 50 ans l’activité de la vie du sol a diminué d’en moyenne 90 % !
Cette diminution entraîne la dégradation des sols, leur déstructuration et la fuite des éléments nutritifs comme les phosphates, le calcium, la potasse et l’azote vers les rivières et les nappes d’eaux souterraines. Non seulement ces éléments vont manquer au bon équilibre des sols, mais ils entraînent également des risques de pollution. De plus, la fuite du calcium provoque la séparation de l’humus et des argiles ; les argiles, beaucoup plus « mobiles » sont susceptibles de se déplacer en ruisselant. C’est la raison pour laquelle les rivières sont de plus en plus boueuses en cas d’orage.

Pourquoi la dégradation des sols ?

A l’heure actuelle et depuis les années 50, les déchets des villes ne sont plus valorisés à la campagne. Cette évolution s’est faite essentiellement grâce à l’apparition des engrais minéraux, qui ont permis aux agriculteurs de ne plus nécessairement être éleveur pour amender leurs cultures. La majorité de notre agriculture est aujourd’hui basée sur la minéralisation et non sur le développement de la vie du sol. La même habitude a été pris dans les jardins ornementaux et potagers.

Dans un jardin naturel, l’objectif est d’obtenir un sol souple et aéré. Celui-ci retiendra l’eau et les éléments nutritifs en les laissant à disposition des plantes qui n’auront ainsi pas besoin d’engrais. Le sol doit redevenir un lieu de vie et ne plus être un simple support. Pour développer la vie du sol, différentes techniques sont possibles :
– l’apport de compost (télécharger l’article) ;
Bois Raméal Fragmenté ;
– les macérations de plantes (télécharger l’article sur le purin d’orties et l’article sur les décoctions contre les doryphores) ;
– la plantation d’engrais verts.

Semer des engrais verts

266Cultivés spécialement pour être enfouis dans le sol, les engrais verts apportent au sol des éléments nutritifs. D’autre part leur feuillage empêche les herbes indésirables de pousser. Le principe est le même pour tous les engrais verts : on sème (de mars à septembre, selon les espèces), on laisse la plante se développer sur place et on l’enterre. Le feuillage se décompose alors.

Voici quelques exemples d’engrais verts : la luzerne, le seigle, la phacélie, la moutarde, l’avoine ou le trèfle.