Catégorie : Actualités

Jardinage naturel par Eric Charton

Décembre 2018  : Des pommiers dans le vent !

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Les conseils mensuels d’Eric Charton pour les internautes !

Une nouvelle année d’information mensuelle sur le jardinage naturel sur le site des Missions Eau alsace.
Retrouvez les conseils 2015, 2016 et 2017  : dans l’onglet « jardiniers et arboriculteurs / Les fiches conseil »

Décembre : Des pommiers dans le vent !

Les jardiniers propriétaires de parcelles de plusieurs ares peuvent créer un verger avec des arbres vigoureux (demi tige = tronc de 1,60 m ou haute tige = tronc de 1,80 m) : le verger de plein vent !

Les distances de plantations sont en tout sens de 8 à 10 m. Un pieux est indispensable à la plantation.

Les formes en volume usuelles ne sont pas en accord avec le port naturel, l’arbre est conduit sur 4 à 5 charpentières. Leur pointe ne doit jamais être rabattue : un arbre qui doit être grand …doit être grand !

Si  l’arbre  est  trop  vigoureux  au  goût du  jardinier,  c’est  que  le  porte-greffe choisi n’était pas le bon à l’achat.
Toutefois, il est possible,  après plusieurs années, de rabattre chaque charpentière vers une branche vigoureuse poussant vers l’extérieur.

Tous les ans, il sera important de conserver qu’une seule branche « cheffe » pour éviter l’effet parapluie qui empêche la lumière de rentrer dans l’arbre.

Dicton de décembre : Pom’, pom’, pom’, pommmmmme : c’est le destin du jardinier !

Novembre : Le passage piéton pour le pommier !

Les arbres de petits volumes, cueillis à pieds (sans échelle), sont incontournables dans les petits jardins. Les grands arbres y sont « trop malheureux » : mauvaise exposition, taille trop sévère, excès de maladies et de prédateurs…

Ces arbustes de très faible volume sont des pommiers ou des poiriers car les fruits à noyaux sont naturellement plus vigoureux. Ils produisent à partir de 3 ans. Avant, il est conseillé d’enlever les fleurs afin de favoriser la production de branches.

Leur taille de formation ou de fructification est facile car leur forme est très proche du port naturel.

L’application de produits alternatifs aux pesticides est possible avec de simples pulvérisateurs.

Par contre, ces arbustes doivent être palissés ou soutenus par un pieu et vivent moins de 20 ans.

Dicton de novembre : C’est au pied de l’arbre que l’on voit le jardinier !

Octobre : L’hibiscus se taille à l’œil !

Les arbustes à floraison printanière ne sont plus taillés depuis 3 mois (forsythia, spirée blanche…). Les feuilles tombées, ce sera au tour de ceux à floraison estivale.

La taille sera possible jusqu’en mars 2019. Les rameaux des hortensias sont rabattus en mars sur le premier gros bourgeon en partant du haut vers le bas (photo).

Les pousses de l’année de l’hibiscus sont coupées à 3 yeux.

Chaque branche du buddleia est coupée de moitié; idem pour les spirées d’été.

Les déchets de taille sont broyés puis servent de paillis efficaces. Ils peuvent être mis en tas; d’année en année et serviront de refuge à la macrofaune (hérisson, fouine…). Enfin, les plus beaux rameaux peuvent être bouturés.

Dicton d’octobre : L’hibiscus n’est pas une chaine d’hôtels à Strasbourg !

 

Septembre : Sauge qui peut !

Les plantes aromatiques vivaces sont indispensables au jardin !

Sauge, thym, lavande, mélisse citronnelle… sont des éléments d’aménagement qui sont faciles d’entretien : très bon ensoleillement, sol filtrant et moyennement riche en matière organique et distances de plantation respectées.

Leur taille est incontournable avant le printemps prochain (1/2 pour la lavande ou le thym, 1/3 pour la sauge ou le romarin).

Les déchets de taille peuvent être bouturés pour multiplier ces plantes, déchiquetés pour servir de paillis odorant insectifuge au potager ou séchés pour un usage domestique.

Durant la saison, ces plantes sont utilisées en phytothérapie pour limiter les invasions de pucerons : infusion de 100g de plantes par litre d’eau puis pulvérisation le soir sans dilution.

Dicton de septembre : Avec les copains, on partage le thym !

 

Août : Ramène ton fraisier !

Les fraisiers se plantent principalement d’août à octobre grâce aux stolons issus des plantes-mères !

Les variétés remontantes ou dites des « 4 saisons » pourront l’être jusqu’en mars.

La parcelle est préparée en incorporant du compost au sol. Au paillis de broyat de branches ou de feuilles mortes, le jardinier le complète d’aiguilles de pins ou des sapins à l’automne.

Les pieds sont conservés 4 ans.

Les paillis des fraisiers en place sont aussi complétés avec les déchets du moment (tontes de pelouses séchées, broyat …).

La canicule a apporté son « flot » de biodéchets (plantes desséchées complètement ou en partie, feuilles tombant prématurément…) : il faut en profiter pour enrichir le sol !

Dicton d’août : Les fraises hantent les jardiniers souffrant de caries !

Juillet : Spirée, forsythia et compagnie !

Les arbustes à floraison printanière comme spirée, forsythia… sont taillés une fois défleuris et jusqu’à fin juillet.

Attention aux oiseaux pouvant nidifier !

Pour favoriser une floraison abondante en 2019, la forme en touffe est respectée. Les rameaux les plus anciens sont rabattus sur des plus jeunes. Une taille sévère qui limite la hauteur favorise le dégarnissement du pied et fixe le départ de nouvelles pousses aux coups de cisailles.

Les déchets de tailles, déchiquetés à la tondeuse ou broyés plus finement au broyeur, renforcent les paillis au potager. Ils sont plus efficaces et sains que la paille de l’agriculture traditionnelle.

Ces arbustes n’ont besoin d’aucun traitement ; les auxiliaires du jardinier sont bien suffisants !

Dicton de juillet : La taille de la spirée permet de remettre de l’air dans la haie !

Juin : Jardinières et jardiniers, vous prenez-vous le chou ?

De juin à juillet, les choux sont les bienvenus au jardin pour une consommation en automne ou en hiver. Ils sont repiqués, en mottes ou non, en respectant bien les distances de plantation de 0,50 à 0,80 cm selon les variétés.

Ils sont à fleurs (Chou-fleur, Brocoli, Romanesco), à feuilles (Kale, Palmier, Frisé…), pommés (Pointu, Chou-rouge, Milan, Chou-vert…), à boutons (Bruxelles…).

Ne pas oublier : chou-rave et chou-navet (0,30 cm en tous sens ) !

Pour optimiser la place sur et entre les rangs, les salades sont repiquées entre les choux.

En cas d’aleurodes (moucherons blancs), une pulvérisation d’une infusion de mélisse citronnelle ou de menthe, d’une macération d’une nuit de feuilles de rhubarbe ou de savon noir est efficace !

Dicton de juin : Le bout de chou se rapproche du potager et de la variété de Milan !

Mai : la chasse aux courges est ouverte !

De mai à juin, le jardinier plante, en respectant les distances de plantation, citrouilles, concombres, courgettes, melons, potirons et autres courges, achetés ou semés en godet.

Ces légumes-fruits ont besoin de nutriments et d’eau pour grossir.

Le trou de plantation doit être rempli de compost demi-mûr à mûr. Pour garder une certaine humidité, le sol est copieusement paillé avec des déchets verts plus ou moins grossiers.

Les limaces adorent les jeunes plants. Pour limiter cette gourmandise, protéger les d’un pot plastique sans fond, enterré et en laissant un bord de 5 cm. Quelques granulés d’anti-limaces autorisés en Agriculture biologique sont déposés.

Ne pas oublier de semer des concombres ou des courgettes en juin pour les récoltes de fin d’année !

Dicton de mai : Le jardinier ne fait de différence entre haute et basse courge !

Avril : les pieds de tomate sortent couverts !

Après le 1er mai, le jardinier plante les pieds de tomate sous tonnelle ou non.  Avant, il peut le faire sous tunnel.

En les couvrant, il limite les différences de température entre le jour et la nuit, et surtout évite des feuillages mouillés. Ces 2 points cumulés sont favorables à la prolifération du mildiou, il vaut mieux les éviter !

Comme les tomates sont des fruits, le jardinier peut  toujours les planter au même endroit. Le trou de plantation (30×30) doit être rempli d’un mélange de terre et de compost assez mûr.

Une fois plantées, le sol est couvert en permanence grâce à des déchets verts fins à déchiquetés. L’idéal aurait été que le sol soit couvert depuis l’automne pour constituer une litière comme en forêt.

Dicton d’avril : Rien ne sert de se découvrir en avril, les tomates ne sont pas encore plantées !

Mars : Aux pieds des mûres !

Les mûres sans épine sont idéales pour les petits jardins ; elles sont palissées sur 3/5 fils entre des poteaux ou contre un mur. Elles sont plantées tous les 2/3 m.

Côté taille, les rameaux ayant produit en 2017 sont coupés à ras. Ceux ayant poussé cette même année sont palissés sur chaque fil. Les rameaux secondaires sont coupés à 10/20 cm en arêtes de poisson.

Un fil est laissé libre afin de regrouper les rameaux poussant en 2018. En les laissant traîner, ils risquent d’être blessés par une tondeuse ou leurs extrémités peuvent s’enraciner. Aucun traitement avec des produits autorisés en AB n’est nécessaire. Les déchets de taille, coupés en tronçons, sont laissés au pied…comme dans la nature !

Dicton de mars : C’est aux pieds des mûres que l’on voit le jardinier.

févier : Lapalissade des excellentes framboises !

Les framboisiers non-remontants sont des baies incontournables du jardin nourricier! Ils produisent en une seule fois en juin. Ils sont obligatoirement palissés sur plusieurs fils.

Les cannes ayant produit en 2017 sont coupées à ras. Le jardinier sélectionne les cannes ayant poussée cette année en gardant une tous les 10 cm au maximum. Elles sont rabattues à 180 cm et de 10 cm pour les plus petites.
Les plus malingres, les infestées avec des boursouflures et les doubles sont coupées puis sont brûlées au barbecue.

Une couche de feuilles mortes ou de paille (30 à 50 cm) est déposée à leurs pieds pour rappeler la litière forestière dans leur milieu naturel. Aucun engrais n’est nécessaire !

Dicton de février : Ce serait un coup bas de donner aux cochons les baies qui ont la côte!

Janvier : Les pieds de groseille se taillent -ils cassis!

Tant que le sol n’est pas gelé, c’est le moment de planter, tous les 1/1,50m, les petits fruits conduits en touffe comme les différentes variétés de groseilles, casseilles ou cassis.

Ils sont racines nues ou en pot. Le chevelu racinaire est diminué au sécateur en dirigeant les plaies de taille vers le bas. Une dizaine de rameaux est suffisant; les autres sont rabattus au ras. Ces derniers peuvent être bouturés pour multiplier cette plante.
Les années qui suivent, les touffes sont éclaircies en nombre et en couleur : supprimer d’une partie du vieux bois (bois foncé), effiler les rameaux…

Moralité du mois: Avec la famille « groseilles », la vie du jardinier est un long fleuve tranquille !